Baiser volé dans le parc
19 février 2009
Nous venions de passer l’après-midi enlacés, à nous enivrer de caresses et de baisers.
Nous nous étions, réciproquement, donné tellement de plaisir. Mes doigts avaient servi à la faire jouir et ses mains avaient caressé mon sexe jusqu’à la jouissance, jusqu’à ce qu’elle me fasse jouir contre sa peau… Entre nous deux…
Hélas il était temps de se séparer, d’autant plus qu’Elle avait un rendez-vous chez le médecin, juste derrière le parc sur lequel donne son appartement. La séparation fût dure, et je me retrouvais quelques minutes plus tard dans ma voiture, devant retomber sur terre, m’éloignant de ma Complice, mais toujours relié à Elle, mon désir d’Elle toujours aussi fort.
Un texto de sa part m’informe qu’elle passe effectivement par le parc et qu’Elle m’y cherche.
Immédiatement je fais demi-tour. Je veux la surprendre dans ce parc, la regarder encore quelques instants, la voir marcher, la frôler.
Après une attente fébrile, je la vois au loin. Je la reconnais immédiatement et Elle me voit aussi. Elle est avec ses enfants, adorable épouse et mère de famille. Les gestes, les murmures et les regards enflammés, que nous avons échangés une heure plus tôt, sont encore vivaces dans mon esprit. Mon cœur bat, très fort, dans ma poitrine. Plus rien n’existe autour de moi, ni le froid du mois de février, ni cette bande d’adolescents qui chahute à côté. Je n’y prête aucune attention.
Je l’appelle immédiatement sur son téléphone. J’entends alors sa voix, je perçois ses intonations, son rire cristallin dans le creux de mon oreille.
Nous devons être très discrets. Il est impératif que personne ne nous surprenne, peut-être des voisines sont-elles là !
Elle avance dans le parc, et se rapproche de moi.
Je suis debout sur un talus alors qu’elle passe sur le chemin, juste en contrebas. Elle est à peine à 3 ou 4 mètres. J’ai envie de la rejoindre, de la toucher, de la serrer dans mes bras. Impossible !
Parfois Elle regarde autour d’Elle, comme si de rien n’était, et nos yeux se croisent.
Pour ma part, je dois aussi donner le change afin d’éviter que les promeneurs ne me prennent pour un dingue en train d’épier une jeune femme.
Ce jeu est très excitant.
Nous sommes tous les deux reliés par une incroyable Complicité, une relation secrète et illégitime. Nous sommes à quelques mètres l’un de l’autre et nous devons maintenir une façade neutre pour ne rien trahir de notre excitation.
Car la situation est effectivement très excitante et intense. Tout se passe à l’intérieur de nos cerveaux, tout se passe dans nos corps. J’ai des frissons lorsque je croise, “par hasard”, son regard. J’essaye par les intonations de ma voix, par mes mots de la troubler, et j’observe sa réaction, tel un voyeur.
Autour de nous, personne ne se doute de rien, personne ne voit notre petit jeu !
Elle disparait quelques mètres derrière un arbre, puis réapparait. Nous nous cherchons, comme un jeu de cache-cache.
Elle doit tourner sur la gauche, pour prendre un chemin qui l’amènera derrière chez Elle. Elle avance sur le sentier, et je lui emboite le pas. J’ai envie de courrir pour la toucher, pour sentir ses cheveux, l’embrasser dans le cou. C’est impossible, trop risqué, trop dangereux, ses enfants sont là !
Je suis à moins de 5 mètres derrière Elle. Je vois sa silhouette, je vois ses jambes. Je me souviens instantanément de mes mains parcourant ses cuisses, de mes mains remontant le long de ses fesses, de mes mains serrant ses hanches pour la plaquer contre mon bassin…
Elle est là, tout près… Et je ne peux rien lui faire, sauf tenter de la troubler au téléphone. Je lui murmure que j’ai envie de l’embrasser. Elle rigole, de ce rire que j’aime tant : léger, coquin, mutin…
Elle arrive devant une grille menant dans sa prioriété.
Elle l’ouvre, je vais devoir me faufiler derrière Elle pour ne pas rester bloquer à l’extérieur. Petit moment d’affolement. Dois-je m’avancer plus, ne vais-je pas trahir ce que je ressens rien qu’en la regardant ? En étant à 1 mètres d’Elle, vais-je réussir à ne pas la toucher ?
Elle tient la grille, comme une jeune femme tiendrait une porte ouverte à un inconnu qui passe par là. Elle est si belle, et surtout joue son rôle à la perfection. Je l’admire, et essaye d’imaginer ce qu’Elle ressent à cet instant précis. Je la remercie, et lui tient en retour la porte, tel un inconnu qui fait preuve du minimum de galanterie envers une femme mariée.
Nous longeons alors un petit jardin.
Elle est devant moi, Elle me tourne le dos. Elle s’arrête. Je m’arrête aussitôt. Ses enfants discutent, et l’un des deux va dans ce petit jardin.
Elle se rapproche de moi, me jetant plusieurs petits regards furtifs.
Je me rapproche aussi.
Elle se rapproche encore, un léger sourire aux lèvres.
L’espace d’un instant, nous allons disparaître tous les deux à la vue de ses enfants.
Nos lèvres se frôlent, se touchent en secret. Un baiser volé, nos langues se cherchent quelques micro secondes. Plus rien n’existe alors autour de nous que ce contact furtif, plein de sensualité et tellement délicieux.
Puis, nous nous séparons, mon regard doit en dire long sur le désir que j’ai pour Elle à cet instant. Elle reprend son chemin, monte quelques marches, passe devant moi. L’envie de frôler, ne serait-ce qu’un fragment de sa peau est intense, difficile à contrôler. Il est impératif que personne ne se rende compte de rien ! Et effectivement, personne ne voir rien. Comme si de rien n’était, nos chemins vont se séparer. Je la laisse reprendre sa promenade, rentrer chez Elle. Je la regarde s’éloigner, et je repense à cette belle après-midi, pleine de douceur, de tendresse, de sensualité, pleine de gestes appuyés, de caresses impudiques et de murmures passionnés…
Mon coeur bat dans mes tempes. Il est temps, réellement cette fois-ci, que je retourne à ma voiture, mais ce lien qui nous relit comme deux complices s’est encore un peu plus renforcé.
J’espère que vous aurez apprécié ce petit récit. Il est aussi là pour vous montrer qu’avec un peu d’imagination, avec le désir intact de l’autre et une belle complicité, un parc remplit d’enfants braillants en plein mois de février, peut-être un endroit plein de belles surprises et d’agréables sensations…
